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cinecritures.net 
groupement de noms d'artistes qui exercent et ont exercé le métier d'écriture des années soixante à aujourd'hui.
Ces noms sont Rochat de la Corne (CFB), Catherine-France Borrini, Dominique Bord, Dominique Soller et Cie.
 



Préface à une œuvre

 

  

 

 

Biographie de Rochat de la Corne (CFB) 

Née à Genève juste après la seconde guerre mondiale. 

Débuts musicaux très jeune. (Piano, études musicales théoriques, etc…)

Ecoles primaires et secondaires à Genève et dans des Collèges internationaux à Interlaken dans le canton de Berne et à Klosters dans le canton des Grisons, puis grave crise d'adolescence.

Envoi de la protestante pur sucre qu'elle était dans un Collège catholique en France, dirigé par un ordre enseignant.

 

« Les Errances de Saumebodie » Première décennie d'écriture, de 1960 à 1970.

 

Dans ce collège, moins de temps consacré à la musique et premiers écrits.
"Assez paradoxalement j'éprouve du bonheur à vivre hors du cocon familial, interne dans un collège où discipline rime avec quotidien." 
 
Ce qui devait être une punition se révéla être une formation affective positive. Les Sœurs étaient absolument charmantes avec elle à une époque, il est vrai, où Jean XXIII venait d'être élu. Jusqu'au passage de ses deux bacs, elle écrivit beaucoup de textes dont quelques uns sont encore très contemporains.  Par exemple, « Confessionnaux », textes enregistrés et dits lors du Festival de "Musique sur scène" à Lyon en 2001.

« Symphonie en sol », inédit.

Une parmi plusieurs nouvelles, « Sine Nomine », avec une construction plastique de Marie-Claire Bevar sur la phrase-clef de ce texte: "Je suis je, je ne puis m'empêcher de penser en je, parfois en nous, mais c'est plus rare."

« Anti-pensées », inédit, etc...

 

Puis ce fut le départ pour Aix-en-Provence (études universitaires), ville dans laquelle

Rochat de la Corne vécut quelques années plus une à Marseille.

Les événements marquants de cette vie dans le sud de la France :

- L'année clé des révoltes estudiantines : 1968

- Connaissance de la philosophie plus dans les bistrots, les rues, les théâtres, les cinémas que dans les salles de cours…

- Rencontre avec des acteurs en train de « se faire »… Philippe Caubère, Jean-Claude Bourbault dit Nick Marchand, avec quelques artistes dont Bourseiller-père, directeur artistique du Théâtre du sud-est.
- Se passionne pour des théâtres dits d'avant-garde, Théâtre de Grotowski, d'Eugénio Barba.
- Joue le rôle principal de Bernadette Pingaud dans le Théâtre d'Essai d'Aix-en-Provence, in "Drugstore" pièce écrite par Eric Eychenne, pour connaître l'expérience in vivo du théâtre.

Les écrits de cette époque :

Mic Mac (texte perdu), premier jet de « La Peste des mots ».

« Nocturnes », textes mis en musique par Dominique Barthassat au sein de la Cosmic Clock.
 
« La Peste des mots », pièce en deux actes.

« Shakenried », premier jet.

« La Bête doit mourir », premier jet.

« Badadia », premier jet.

Très nombreux textes poétiques : (Clair-Obscur dont deux numéros publiés dans les années 2000 par la Vachette Alternative).

 

« Morvale-Morval » Deuxième décennie d'écriture, de 1970 à 1980.

 

Retour en Suisse en 1971 et engagement dans la presse écrite.

Travaille successivement pour La Suisse, La Tribune de Genève et Le Courrier puis plus tard (1981) pour l'Hebdo (responsable des arts visuels dans l'équipe qui crée ce magazine) et Le Nouveau Quotidien.

Cette période fut plutôt agitée. Vécu nocturne dans les quartiers chauds. Beaucoup de travail.

"Je suis retournée sur les bancs d'école et fait un Diplôme es sciences politiques."           Equivalence es sociologie puis doctorante en sociologie de l'art sous la direction de Christian Lalive d'Epiney.

Membre du Comité du Centre d'art contemporain de Genève dirigé par Adelina von Fürstenberg.

Membre de l'Association des Critiques d'art.
Correspondante suisse de la revue d'art contemporain, Art Press (Paris), elle écrivit pour le Kunstbulletin et bien sûr, journaliste productrice d'écrits et d'enquêtes réalisées pour la presse suisse.
Participation à « Promenades », grande exposition en plein air organisée par Adeline v. Fürstenberg et le Centre d'Art Contemporain. 
 
 
Années 70 à 80 sous le titre générique de Morvale-Morval, écrit deux textes majeurs dans son œuvre. L'un dénommé Morvale, court texte, témoin de son passage en usine. L'autre beaucoup plus long et dont le personnage principal se nomme "Morval au costard-cravate". 
Participe aux débuts du MLF au milieu des années 70 puis quelques mois plus tard rentre en usine afin de vivre dans le vif les demandes réitérées d'un salaire égal et de la condition ouvrière en Suisse… Elle dut se rendre à l'évidence de la disparité des conditions faites aux femmes et aux hommes à travail égal.
Elle quitta l'usine et retourna à l'université pour faire des études de sciences politiques. Elle écrivit un petit texte sur Etienne de la Boetie et "Le Discours de la Servitude volontaire", La Boétie qui reste l'un des auteurs les plus chers à son cœur et qui exerça une certaine influence sur Rochat de la Corne.
  
Passionnément adogmatique, l'écrivain ne voue aucune passion pour les hiérarchies qui conduisent à la domination d'un seul sur le grand nombre.
"J'écrivis à cette période un texte que j'aime particulièrement et qui se nomme : « Les Vagabondes de l'Impossible ». Ce texte est le seul que j'écrivis pour les femmes par une femme. Cette galerie de portraits et de portrants décrit l'alchimie masculine et féminine qui existe dans le sexe trop longtemps dit « faible »… Vers une politique sans genre."

Les trois textes écrits pendant cette décennie élargie ("Morvale", "Morval" et "Les Vagabondes de l'Impossible") ont tous trait à la difficile construction du JE entre Homme et Femme, masculin et féminin, Yin et Yang, Père et Mère au delà des différences anatomiques. Nous pourrions entendre cette lente construction par les "Pérégrinations pour un genre sans genre". 

 

« …et si je voyais le mer… » Troisième décennie d'écriture, de 1980 à 1990.

 

Ce qui marqua la décennie suivante fut une hémorragie cérébrale assez grave. "Je restai deux jours dans le coma avant d'être opérée. Je me réveillai autre. A l'agitation du travail à 150% succéda la contemplation, la lenteur, le temps de l'être ou du moins le fait d'entrapercevoir une autre façon de vivre."

Elle vécut avant cette hémorragie une année dans les montagnes suisses, pour préparer sa thèse de doctorat, avant de commencer en 1981 dans l'équipe du journal « L'Hebdo ». Ce fut d'ailleurs une très riche expérience dans laquelle le défi du tirage de jour en jour plus élevé l'obligeait à travailler sans regarder ni les heures qui tournent, ni les jours qui passent.
"C'est dans une cadence effrénée que je fus brusquement terrassée par des maux de têtes terrifiants. Avant de vivre ce fameux couloir de la mort, baigné d'une lumière étourdissante de beauté."
Enfin, ayant retrouvé ses esprits, elle fit démarrer le long processus des écrits sur Lou von Salomé, écrits que par touches successives elle écrivit sur un long laps de temps (20 ans).

« …et si je voyais la mer… » suppose que j'arrête les temps de stress et de surpression. Je mis de longues années à marcher, parler à nouveau de façon courante. Je lâchai le journalisme à plein temps car je ne pouvais plus travailler très très vite. J'écrivis quelques articles encore mais plus tranquillement, dont une interview de Hugo Pratt."

C'est à cette période qu'elle mit la dernière main à Morval.

 

« Lou von S. et Miryam de Magdala » Quatrième décennie d'écriture, de 1990 à 2000.

 

Elle retrouva lors de la décennie suivante une beaucoup plus grande capacité à travailler. 
Elle s'installe dans le Jura suisse, à la Vallée de Joux, le pays de sa grand-mère (une descendante des Rochat de la Corne).
Cette période fut marquée par une réflexion sur Miryam de Magdala et sur Lou von Salomé.  Un synopsis vit le jour:   "J'écrivis ce synopsis dans le genre road movies. Ce serait une histoire christique made in USA avec un « Jésus » hispanique dans une histoire déjantée et contemporaine, genre thriller."
Rochat de la Corne exprime sa façon de travailler dans le silence de la Vallée:

"Dans le même temps, j'approfondis ma relation à Lou von S. Je lus plusieurs fois son « Ma Vie » avec toutes les notes abondantes en fin de livre, notes très instructives.

Dans cette même décennie, j'écrivis le premier jet d'une pièce de Théâtre sur la guerre intérieure et extérieure : « Passion, Mort et Vie en territoires occupés. » Ce fut avec pour sujet lointain, la guerre en Bosnie et au Kosovo, le massacre de Srebeniza. Sujet très lointain comme un bruit de fond lancinant. La plupart de mes écrits sont écrit par deux voies d'expression. (Morval, Passion, Florence inside outside entre autres). Je commence l'histoire et une autre histoire vient qui s'entremêle à la première. Dans le cas présent elles n'ont ni début, ni fin et fonctionnent comme des modules qui se déroulent de façon circulaire.

Je tentais de reprendre la pièce de théâtre : « La Bête doit mourir » mais il devait être encore trop tôt, je ne trouvais pas sa structure interne. Cette pièce difficile qui traite du mal et du bien dans l'être humain, figuré par une bête qui hante les caves d'une ville et qui progressivement par la peur qu'elle suscite entraîne des jugements iniques, des actes de férocité au nom d'un bien dogmatique et arbitraire." 

Pendant cette décennie, elle voyage beaucoup, l'Inde, l'Asie du sud-est. Plusieurs mois.

Elle participe encore à la création d'une Ecole d'Opéra où elle rencontre Gabriel Bacquier, Régine Crespin et Suzanne Danco, chez elle à Fiesole pour des organisations de Masterclass. Ce court  intermezzo lui fit découvrir en spectateur le travail de la voix, qui est un véritable travail d'athlète. "Passionnant pour moi qui était plutôt attirée par la musique concertante ou de chambre.

Je rencontrai à nouveau pendant cette période Dominique Barthassat, compositeur de musique pour lequel j'écrivis un scénario d'opéra mutidimensionnel, qui vit le jour au fil du temps, comme une naissance lente et précieuse d'une œuvre minimale… "Opus Anello""

 

« Saumebodie, mère et fille » Cinquième période d'écriture de 2000 à 2010

 

Lors de la décennie qui va de l'an 2000 à l'an 2010, Rochat de la Corne manifeste, pour la première fois, son désir de partager ce qu'elle avait écrit avec d'autres personnes, un public pour les dits et le théâtre. Tout cela ne se fit pas en 2 jours, ni même en 2 ans. L'idée commença par germer.
"Je la manifestais mais ne savais pas comment m'y prendre. Je continuais donc à travailler dans la plus stricte tranquillité. Cette décennie fut riche en expérience. J'écrivis un scénario autour de Lou v. S. avec  des petits signets en plastique figurant des animaux. La structure du scénario est donc le bal de ces figurines colorées, représentant, un chat, un lion, un éléphant, etc…

J'écrivis de façon définitive les deux pièces de théâtre dont j'avais élaboré le premier jet dans les années 60 pour Diablocoeur et les années 90 pour Passion Mort et vie.

En outre, je commençai à écrire une trentaine de petites nouvelles sur la lecture des métamorphoses d'Ovide et les Hymnes d'Homère. Sur une idée d'une helléniste, nous écrivîmes, chacune de notre côté dans le plus pur secret de nos vies respectives des textes analogues de façon très lointaine par le thème, pour les réunir ensuite. Nous nous séparâmes de personnes et d'écrits, avant cette réunion. Elle monta avec l'aide d'une metteur en scène ses métamorphoses, moi je les écrivis sous le titre de Polar homérique. J'en écrivis une trentaine et en publiai quelque 10 par le biais des ed. du Môtier avec l'aide du designeur Xavier Bravo Gomez."

Rochat de la Corne (CFB) écrivit également une trentaine de miniatures pour un travail commun avec la styliste Marie-Claire Bevar (Kouzu). Ces miniatures furent pensées dans les couloirs du Kunsthistorisches Museum de Vienne, inspirées par les tableaux du musée et par des dessins de Marie-Claire Bevar.

Elle créa toujours dans cette décennie des nouvelles dont « L'incertitude ». Rochat de la Corne précise à ce propos: "Cette nouvelle fut particulièrement importante parce qu'elle a trait au personnage de la Vieille de la "Bête doit mourir", et elle clôt en quelque sorte psychologiquement mon rapport à cette Vieille, que je voyais comme une sorte de cauchemar de l'enfance."

 

« L'Itinéraire d'el(le) » Sixième période d'écriture, de 2010 à …

 

La dernière décennie vient de commencer. Rochat de la Corne a décidé d'écrire moins pour s'attacher à la communication de ce qu'elle a écrit.

"Mon écriture est plutôt une écriture de la voix, du dit. Dominique Barthassat met en musique les Nocturnes. Bien sûr, j'ai écrit également beaucoup de textes pour la lecture. Mon style est assez musical et rythmé. Donc les textes se prêtent bien aux dits et au théâtre.  Pour l'heure, j'écris un deuxième tome du Polar homérique dans le sens du Polar des Gares. Ce sont de minuscules pièces de théâtre, une dizaine de pages, qui ont pour lieu d'action des gares. (Haupthbahnhof ou gares désertées)." 

Actuellement elle vit entre la Vallée et Genève.
 

Textes publiés par la Vachette alternative, ed. -36°éditions, par Le Môtiers,

Cinecritures.ch, Le Pèlerin.

 

 

 

Rochat de la Corne (CFB)

 

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